Plusieurs fois champion de France et finaliste des Jeux Paralympiques à Tokyo et Paris, Dimitri est aussi ergothérapeute et intervenant auprès d’enfants ou d’entreprises sur les thématiques de résilience et de sensibilisation au handicap. Athlète de la Team Intégrance passionné et engagé, Dimitri nous livre un témoignage inspirant.
Qu’est-ce que vous aimez dans le sprint ? Qu’est-ce que vous ressentez pendant une course ?
Ce que j’aime dans le sprint, c’est le dépassement de soi, la recherche de l’excellence et l’effet waouh qu’il déclenche à son évocation ! Dans un effort bref, on doit tout donner en peu de temps sans laisser de place à l’erreur. J’aime ce sport simple mais exigeant, qui paraît facile de prime abord : 8 coureurs sur une ligne de départ qui s’élancent à toute vitesse au coup de pistolet. Le sprint est un sport universel que tout le monde peut comprendre sans avoir besoin de connaître des règles compliquées.
Ce que je préfère dans l’athlétisme, c’est battre mes records ! J’adore me dire que même si c’est 1 centième de seconde, je suis meilleur que la veille. !
Pendant une course, j’aime cette sensation intense de pleine puissance, de contrôle sur ce que je suis en train de vivre. J’aime ces moments de grâce où je sens que je vais réussir, que je vais gagner !
Vous avez participé aux Jeux Paralympiques de Paris 2024 où vous avez terminé 5ème de la finale du 100 m. Pour les jeunes en situation de handicap qui vous ont vu à la télévision, qui ont suivi ces Jeux, quels conseils vous leur donneriez ?
Vous avez vu pendant ces Jeux que c’était possible ! Que vous soyez en situation de handicap ou pas, lancez vous ! Faites du sport ! La seule chose que vous risquez c’est de ne pas aimer ! Ce que vous risquez c’est de vous faire des amis, de vous sentir bien dans votre corps, de vous sentir fier de vous, c’est d’expérimenter les valeurs humaines de respect, de partage, de vivre ensemble ! Vous risquez aussi d’apprendre que le sport met tout le monde sur un pied d’égalité peu importe les croyances, les origines sociales et culturelles. Le sport incarne ce que devrait être la société.
En se réunissant et en travaillant tous ensemble, on a réussi à organiser l’évènement sportif le plus grandiose de l’histoire récente. Paris va être l’exemple de référence des Jeux pour les prochaines années ! Au-delà de porter le maillot d’une nation ou de gagner des médailles, l’idée est de dire vous aussi vous voyez, vous pouvez le faire !
Selon vous en tant qu’athlète engagé, après la ferveur des Jeux de Paris 2024 l’été dernier, comment continuer à faire vivre cet héritage des Jeux Paralympiques ?
Un an après, on constate que le soufflé est retombé pour les athlètes en situation de handicap. Pour continuer à faire vivre cet élan paralympique de Paris 2024, il faudrait que les compétitions soient plus visibles dans les médias et attirer le public dans les stades. Il faut aussi que nous athlètes, on fasse perdurer cette flamme, ces valeurs et nous dire que c’est pas fini….
Au-delà des performances, le sport c’est des enjeux de santé publique. Une personne qui fait du sport, c’est une personne qui vit plus longtemps en bonne santé, qui va mieux vieillir, qui développera moins de troubles psychosociaux. L’héritage des Jeux, c’est aussi la prise en compte que le sport est un médicament indispensable pour la société. Quand je parle de sport, je parle aussi d’activité physique. Dans le sport il y a une notion de performance qui peut faire peur. Mais faire une activité physique, c’est pas nécessairement être performant, c’est prendre les escaliers au lieu d’un escalator ou de l’ascenseur, aller faire ses courses plutôt que de se les faire livrer, faire un squat quand on se lève de son canapé.