C’est devant l’œuvre « Seasons » d’Arnaud Laffond, dans l’atrium de l’Institut Imagine de l’hôpital Necker à Paris, que Noémie Ganem, Présidente de l’association It is know, nous en dit plus sur cette expérience ludique, interactive et sensorielle accessibles à tous !

Comment est né le projet ? Quel est son objectif ?

Le projet trouve son inspiration dans mon expérience personnelle de parent d’un enfant polyhandicapé, qui devait régulièrement se rendre à l’hôpital pour consulter différents spécialistes. L’hôpital est alors presque devenu, pour nous et ses frères et sœurs, notre deuxième maison. Et là, il n’était pas toujours évident de gérer l’impatience des enfants dans la salle d’attente. 


Il me semblait important pour les familles que tout ce temps passé à l’hôpital ne soit pas uniquement concentré sur la maladie, mais qu’il puisse s’y passer autre chose. Et là, l’art pouvait avoir un rôle à jouer !


Les œuvres numériques que nous avons installées dans les hôpitaux ont donc pour objectif d’offrir une véritable parenthèse de douceur aux enfants et à leur famille, un moment pour s’émerveiller, créer tous ensemble et s’évader quelques instants !

Pouvez-vous nous décrire ces installations numériques ? Comment sont-elles conçues ?

Ce sont des œuvres numériques interactives et inclusives projetées sur des écrans géants LED dotés de capteurs qui retranscrivent les mouvements des enfants qui se placent devant. L’œuvre nait alors grâce aux mouvements des enfants !

Ces œuvres d’art immersives, que l’on peut voir dans des hôpitaux pour enfants dans des villes en France, et aussi à Barcelone et Londres, sont réalisées par des artistes numériques. 


Dans le choix des œuvres présentées, nous souhaitons qu’elles suscitent chez les enfants et leur famille le rêve, l’évasion et l’émerveillement. Nous demandons aussi aux artistes de proposer un contenu neutre en termes d’âge puisque notre projet s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux parents. L’idée est également de favoriser les interactions, faciliter les échanges, désamorcer les tensions qui peuvent exister dans ces lieux parfois compliqués pour les familles.

Quelles sont les réactions des enfants et du personnel soignant face à ces installations numériques dans un lieu inattendu ?

Il y a d’abord de la surprise chez les enfants. Ils sont intrigués par cet écran géant sur lequel s’affichent des formes abstraites et colorées. Très vite, ils commencent à explorer en se mettant en mouvement. Quel que soit leur handicap, ils interagissent avec l’écran. Amusés et captivés, ils se laissent porter au cœur de l’art et de leur imaginaire. 

Le personnel soignant accueille positivement nos installations numériques et voit les bénéfices sur les enfants. Un chef de service nous a un jour dit que nous apportions de la magie à l’hôpital !


Il y a eu quelques réticences concernant la question de la surexposition des jeunes aux écrans, mais cela reste très rare. Avec notre projet, nous offrons une expérience artistique active. Les enfants ne sont pas passifs devant les écrans. Grâce à ce dispositif, on permet à des enfants en situation de handicap de stimuler leurs sens, d’encourager leur créativité, leur curiosité, de participer et d’être inclus en jouant comme les autres. De plus, depuis une dizaine d’années dans les instituts et les centres spécialisés, les nouvelles technologies sont fréquemment utilisées pour permettre de communiquer avec les enfants en situation de handicap pour les stimuler, les éveiller et favoriser les échanges.